Jeudi 4 octobre 2007
Entre critique et romantisme…
Une visite toujours d’actualité…
A l’occasion du centenaire de la disparition de Joris-Karl Huysmams, poète, écrivain et critique d’art, le musée Gustave Moreau propose une exposition qui permet de voyager à travers l’œuvre et l’atelier du peintre symboliste Gustave Moreau sous le regard à la fois admiratif et critique de son ami.
Cédant à sa passion de la peinture après une carrière de fonctionnaire, Huysmams commence sa vie littéraire en publiant un recueil de poèmes en 1874. Il se liera d’amitié avec Emile Zola après la publication d’un article intitulé « Emile Zola et l’Assomoir ».
Il fut ensuite le grand défenseur du mouvement impressionniste naissant prenant le parti de la modernité ce qui déclenchera de vives réactions, jusqu’à la censure. Il fit des critiques lucides, perspicaces et courageuses sur l’évolution de ce mouvement : « Le salon des Indépendants comptera donc entre tous, cette fois ; il est la révélation désormais commencée d’un art nouveau, puis il me semble apporter un irréfutable argument à la question toujours irrésolue des rapports à établir entre l’Etat et l’Art ». ( Les peintres, les salons et l’état). On mesure, en lisant ses écrits, l’actualité de ses propos et la liberté d’expression dont il a fait preuve.
Il devint l’ami de nombreux peintres comme Redon, Pissarro, Rops, Caillebotte, Degas dont Gustave Moreau.
On peut mesurer l’audace et l’actualité de ses propos dans un ouvrage qu’il publie en 1883 « l’Art moderne », un choix de ses publications qui avaient d’ailleurs enchanté Mallarmé. Il fut aussi en relation, avec les frères Goncourt et sera l’exécuteur testamentaire d’Edmond Goncourt dont les dernières volontés étaient la création d’une certaine Académie Goncourt…
Cette rencontre entre ces deux créateurs favorise un éclairage nouveau sur l’œuvre passionnante de Gustave Moreau et permet de mieux comprendre la formidable révolution artistique déclenché par les impressionnistes au travers des écrits et de la vie d’un de leur plus fervent et inspiré défenseur.
Autre musée, autre ambiance, toute aussi romantique et pourtant actuelle, pour découvrir un peintre hélas injustement méconnu : Jean-Jacques Henner.
Cet oubli passager s’explique en parti à cause de son univers tout en clair-obscur où il célèbre une féminité entre idéalisation, mysticisme et sensualité, ce qui a sans doute dérangé en son temps. Prix de Rome, il sera un pensionnaire passionné de la Villa Médicis et reviendra de son séjour Italien transformé dans sa vision de la peinture.
Cette exposition regroupant plus d’une centaine d’œuvres, invite à apprécier les qualités singulières de cet artiste qui débuta sa carrière aux côtés de Degas, Manet, Pissarro ou Renoir. Sa technique exemplaire basée sur le « sfumato », cher à Léonard de Vinci confère à ses peintures une part de mystère, des atmosphères envoûtantes côtoyant des audaces picturales rompant avec une vision académique.
Les chevelures rousses et voluptueuses de ses femmes, la pureté de ses compositions, l’élégance de son traité, insufflent à son œuvre une dimension spirituelle par la sublimation du réel. Ses œuvres s’inclinent vers un symbolisme qui garde des nuances sensuelles, préservant ainsi son style d’une trop grande sévérité tout en explorant des sujets intenses et spirituels.
Jean-Jacques Henner s’est tenu résolument en dehors des modes et des courants de son temps, préservant ainsi ses qualités d’intemporalité. Célébrant par le symbole et au travers des grandes figures mythiques de femmes, comme Marie-Madeleine, une vision transcendée de l’histoire religieuse, il est ainsi parvenu jusqu’à nous avec toute la puissance de son authenticité artistique.
Ces deux expositions démontrent qu’au-delà des notions de romantisme ou d’académisme, certains artistes témoignent d’un talent, d’un imaginaire et d’une inspiration libre situant l’art à une place où le contenu est aussi exaltant que la forme et où l’audace picturale préserve du passage du temps.
Françoise de Céligny
Huysmans-Moreau
Du 4 octobre 2007 au 14 janvier 2008
Musée Gustave Moreau
14, rue de la Rochefoucauld 75009 Paris
Tel : 01 48 74 38 50
Une visite toujours d’actualité…
A l’occasion du centenaire de la disparition de Joris-Karl Huysmams, poète, écrivain et critique d’art, le musée Gustave Moreau propose une exposition qui permet de voyager à travers l’œuvre et l’atelier du peintre symboliste Gustave Moreau sous le regard à la fois admiratif et critique de son ami.
Cédant à sa passion de la peinture après une carrière de fonctionnaire, Huysmams commence sa vie littéraire en publiant un recueil de poèmes en 1874. Il se liera d’amitié avec Emile Zola après la publication d’un article intitulé « Emile Zola et l’Assomoir ».
Il fut ensuite le grand défenseur du mouvement impressionniste naissant prenant le parti de la modernité ce qui déclenchera de vives réactions, jusqu’à la censure. Il fit des critiques lucides, perspicaces et courageuses sur l’évolution de ce mouvement : « Le salon des Indépendants comptera donc entre tous, cette fois ; il est la révélation désormais commencée d’un art nouveau, puis il me semble apporter un irréfutable argument à la question toujours irrésolue des rapports à établir entre l’Etat et l’Art ». ( Les peintres, les salons et l’état). On mesure, en lisant ses écrits, l’actualité de ses propos et la liberté d’expression dont il a fait preuve.
Il devint l’ami de nombreux peintres comme Redon, Pissarro, Rops, Caillebotte, Degas dont Gustave Moreau.
On peut mesurer l’audace et l’actualité de ses propos dans un ouvrage qu’il publie en 1883 « l’Art moderne », un choix de ses publications qui avaient d’ailleurs enchanté Mallarmé. Il fut aussi en relation, avec les frères Goncourt et sera l’exécuteur testamentaire d’Edmond Goncourt dont les dernières volontés étaient la création d’une certaine Académie Goncourt…
Cette rencontre entre ces deux créateurs favorise un éclairage nouveau sur l’œuvre passionnante de Gustave Moreau et permet de mieux comprendre la formidable révolution artistique déclenché par les impressionnistes au travers des écrits et de la vie d’un de leur plus fervent et inspiré défenseur.
Autre musée, autre ambiance, toute aussi romantique et pourtant actuelle, pour découvrir un peintre hélas injustement méconnu : Jean-Jacques Henner.
Cet oubli passager s’explique en parti à cause de son univers tout en clair-obscur où il célèbre une féminité entre idéalisation, mysticisme et sensualité, ce qui a sans doute dérangé en son temps. Prix de Rome, il sera un pensionnaire passionné de la Villa Médicis et reviendra de son séjour Italien transformé dans sa vision de la peinture.
Cette exposition regroupant plus d’une centaine d’œuvres, invite à apprécier les qualités singulières de cet artiste qui débuta sa carrière aux côtés de Degas, Manet, Pissarro ou Renoir. Sa technique exemplaire basée sur le « sfumato », cher à Léonard de Vinci confère à ses peintures une part de mystère, des atmosphères envoûtantes côtoyant des audaces picturales rompant avec une vision académique.
Les chevelures rousses et voluptueuses de ses femmes, la pureté de ses compositions, l’élégance de son traité, insufflent à son œuvre une dimension spirituelle par la sublimation du réel. Ses œuvres s’inclinent vers un symbolisme qui garde des nuances sensuelles, préservant ainsi son style d’une trop grande sévérité tout en explorant des sujets intenses et spirituels.
Jean-Jacques Henner s’est tenu résolument en dehors des modes et des courants de son temps, préservant ainsi ses qualités d’intemporalité. Célébrant par le symbole et au travers des grandes figures mythiques de femmes, comme Marie-Madeleine, une vision transcendée de l’histoire religieuse, il est ainsi parvenu jusqu’à nous avec toute la puissance de son authenticité artistique.
Ces deux expositions démontrent qu’au-delà des notions de romantisme ou d’académisme, certains artistes témoignent d’un talent, d’un imaginaire et d’une inspiration libre situant l’art à une place où le contenu est aussi exaltant que la forme et où l’audace picturale préserve du passage du temps.
Françoise de Céligny
Huysmans-Moreau
Du 4 octobre 2007 au 14 janvier 2008
Musée Gustave Moreau
14, rue de la Rochefoucauld 75009 Paris
Tel : 01 48 74 38 50
Jean-Jacques Henner
Du 26 juin 2007 au 13 janvier 2008
Musée de la Vie romantique
Hôtel Scheffer-Renan,16 rue Chaptal 75009 Paris
Du 26 juin 2007 au 13 janvier 2008
Musée de la Vie romantique
Hôtel Scheffer-Renan,16 rue Chaptal 75009 Paris
Tel : 01 55 31 95 67
Par françoise de celigny
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Publié dans : maviedecriture
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