Vendredi 5 janvier 2007
…J’attends la vie.
    J’attends ses contradictions, ses complications comme ses merveilles, à égalité ;de cœur ferme, de main tendre, sans attendre autre chose que la douceur d’attendre ; comme un rendez-vous amoureux, mais sans les illusions qui s’accrochent aux rêves trop tenaces, trop étroits.
    J'attends sans autre ambition que la puissance de la patience…
Mon esprit corsaire s’aventure au travers des âmes de passage, avec pour réponse plus de ristournes que de promesses affectives. Tant pis ! comment ne pas prendre le risque de la rencontre…
    Alentours, je trimbale mon chariot d’espérance face à la rigueur du monde. Attentive, j’ouvre les mains, prêtes à esquiver les coups comme tous pirates qui se respecte ! J’articule mes attitudes autour de relations inattendues. J’esquive ! je pointe ! je fends l’air de mes paroles, j’essaye multiples joutes et réserve ma botte secrète en cas de danger ultime ; au pire, je me défends, je n’attaque pas, l’offense est l’arme des faibles, et je me prétends conquérante !
    Parfois, miraculeusement, j’y arrive !

…Une porte claque au loin, comme une réponse…L’après-midi s’étire de toute sa nonchalance dans la chaleur de cette fin d’été…Un vent venu de la mer se lève, avec la marée du soir. Comment ne pas croire à l’impossible !
    La nature résonne ses forces en silence pour laisser à chacun le choix de l’écouter ou pas…
Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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Lundi 6 novembre 2006
" Je crois aux peintres qui ont des racines? C'est une chose qui ne trompe pas; ce qui consiste pas nécessairement à aller planter son chevalet face au motif comme disaient nos grands-pères...
il s'agit bien plutôt de retrouver en soi le rythme, la respiration du monde. Il y aquelque chose d'aveugle dans cette démarche, de cet aveuglement de l'artiste  noir qui vit en pleine forêt mais ne la connaît pas en touriste. Il y est mêlé, il est possédé des mêmes forces, traversé des mêmes tempêtes. Et bien, pour un peintre, il s'agit d'abord de beaucoup marcher dans le monde, de s'y mêler avec tout son corps, d'oublier le plus possible cet oeil trop spécialisé, trop intellectuel, et puis de s'enfermer entre quatre murs de sa chambre et de retrouver à travers soi une présence. c'est du moins ce qui atoujours été depuis l'âge des cavernes, et cela n'a pas trop mal réussi".


Jean Bazaine
dans un entretien avec Georges Charbonnier

extrait du livre:
"Monologue du peintre"
Editions de la Villette
Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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Dimanche 5 novembre 2006
QUEL BAS... ART !

    Le bruit court dans la presse, que l'art contemporain se porte comme un charme. La concurrence fait rage, et les collectionneurs s'arrachent les oeuvres. Aux dernières nouvelles de chez Christie's, un Jeff KOONS (Jim Beam J. B. Turner Train) a été adjugé à 5 495 500 dollars (4 575 008 euros), un Jean-Michel BASQUIAT (Blue heads) à 2 024 000 dollars (1 624 982 euros), un Takashi MURAKAMI (Flower ball) à 624 000 dollars (519 481 euros). Une vente record qui a atteint plus de 100 millions de dollars. Bref, le marché explose.

 Oui, mais de quel art et de quels artistes s'agit-il ?
    Certes, à l'énoncé de ces chiffres faramineux, le marché semble en pleine forme. Pourtant si on analyse de plus près cette frénésie marchande, on s'aperçoit vite qu'elle s'opère entre une poignée d'artistes "stars" et une autre poignée de collectionneurs qui font monter les prix entre eux d'une manière outrancière qui frise l'indécence. Pendant que d'autres artistes, contemporains eux aussi, vivant leur art à sa juste valeur, ne désirant pas passer par le crible de la mode et de la starisation, ont du mal parfois à financer leur propre travail?

Dans son livre " Le double jeu de l'art contemporain", Patrick Barrer, dénonce, avec brio et en connaissance de cause, (il est responsable depuis treize ans de la foire Europe-Art), les scandales du despotisme et de l'exclusion qu'exercent les grandes foires sur les artistes, les galeries et les salons.
Prendre des chemins de traverse n'est guère conseillé pour qui veut réussir sur un tel marché. Ses diktats font partie des us et coutumes de la profession et s'accomplissent toujours de la même manière, c'est-à-dire au détriment des plus faibles et selon des procédés plus que contestables, réduisant la pratique artistique à une marchandise codifiée et labellisée, pour attraper toute la clientèle effective et potentielle présente sur la planète, et pas seulement la fortunée.

"Et les autres ? Les autres n'ont qu'à crever ! C'est l'époque."
A propos du respect dû aux artistes, il poursuit :
"Si le nombre des acheteurs s?est multiplié autant que le dit Daniel Templon (galériste), pourquoi alors ce marché est-il toujours aussi incapable d'assurer autre chose que de la survie à ses artistes. Trop d'artistes, trop d'oeuvres, jamais assez d'acheteurs. Ces jérémiades, ça fait quand même un peu trop longtemps qu'on les entend. Et elles ne visent qu'un but, toujours le même : Venez chez nous, nous sommes les meilleurs, nous sommes les meilleurs..."
    De plus, cette flambée économico-artistique ne dénote pas pour autant d'un enthousiasme authentique, mais témoigne d'une angoisse de la part des acheteurs, qui les pousse à placer leur argent dans des oeuvres sûres. En effet, ce sont toujours les mêmes qui reviennent aux meilleures ventes, comme Andy Warhol et toute la lignée d'artistes du Pop Art ou Jean-Michel Basquiat qui sont l'exemple frappant de cette surenchère qui n'investit aucun engouement ni aucun risque esthétique authentique.
  
 Finalement, on peut dire plus finement, que quelques artistes contemporains se portent à merveille, pour quelque temps !
    Il règne, dans cette immense escroquerie esthético-financière, une grande confusion de valeurs, car comment reconnaître les oeuvres phares dans cette course à l'investissement, la compétition et l'effet de mode n'étant sans aucun doute pas les critères de sélection de la qualité d'une oeuvre d'art. De plus, les artistes français ne sont pas à l'honneur. Seul Combas (mais, est-il un représentant de l'art français ?) atteint les 45 000 euros, parfois ; et Christian Boltanski et Pierre et Gilles ne figurent pas dans le palmarès des oeuvres les plus chères vendues en France en 2003. Étrangement, seules les oeuvres historiques obtiennent des prix estimables.
    En fin de compte, le véritable amateur sera toujours celui qui, au détour d'une promenade, rencontrera, dans un véritable "coup de foudre" une oeuvre, et se posera des problèmes arithmétiques insolubles pour l'acquérir sans se mettre sur la paille !
    Un prix n'a jamais été le baromètre de la distinction d'un chef-d'oeuvre, Van Gogh dans son éternité pourrait en témoigner !

Françoise de Céligny
Univers des Arts 2004

Patrick Barrer
« Le double jeu de l'art contemporain »
Editions Favre

Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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Samedi 4 novembre 2006
"Le désir d'un bonheur impossible, puisqu'il serait obtenu indépendamment de la satisfaction que donne la paix de l'âme, vient toujours se placer à côté de chaque nouvelle conquête  (du progrès), et semble faire reculer la chimère de ce bonheur des sens. La fourberie et la trahison, l'ingratitude et la bassesse intéressée veillent toujours dans les coeurs! Vous n'avez pas même pour les inventeurs de ces perfectionnements ingénieux la reconnaissance qu'il semble que vous leur devriez, si réellement vous vous trouvez heureux par leur moyen. Au lieu de leur dresser des statues et de les faire jouir les premiers de ce bien-être tant souhaité, vous les laissez mourir dans l'obscurité, ou vous permettez qu'on leur conteste, sous vos yeux, le mérite de leurs inventions."

Eugène Delacroix
extrait de son "Journal"
Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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Vendredi 3 novembre 2006

Itinéraires    

LE MUSEE DELACROIX




        «  Mon atelier me plaît, j’y travaille bien »… «  Mon logement est décidemment charmant, la vue de mon petit jardin, et l’aspect riant de mon atelier me causent toujours un sentiment de plaisir… », confit Eugène Delacroix dans ses « correspondances ».

    À la vue de ce fameux atelier et de ce «  charmant jardin », on le croit sans peine ! En effet, l’atelier Delacroix, Place Furstenberg à paris est un lieu magique, un havre de paix emplit d’harmonie. Dés l’entrée, on est ému en montant l’escalier que Delacroix a monté tant de fois, déjà souffrant, quand il accomplissait ses dernières œuvres à l’église Saint Sulpice dans la chapelle des Anges. C’est d’ailleurs parcequ’il était malade, et incapable de faire un long trajet, qu’il s’était installé Place Furstenberg, non loin de St Sulpice.
    Très vite, on se laisse gagner par l’ambiance des lieux, on se prend à imaginer les soirées aux chandelles, Chopin au piano, Georges Sand et Delacroix l’écoutant, bavardant à propos de peinture ou d’écriture…Car, étrangement, l’on se sent un peu comme chez soi, en descendant l’escalier qui mène à l’atelier et au jardin ; surpris même de ne pas trouver Delacroix au travail… Dans l’atelier, les murs gris perle, les baies vitrées, le chevalet, les palettes et les tables de peintures ayant appartenues au peintre, tout concours à nous plonger dans l’atmosphère de ce précurseur de l’impressionnisme, de ce Maître élégant et royal de la peinture.
    Dans une alcôve de sa chambre à coucher où il est mort le 13 août 1863, dans les bras de sa fidèle gouvernante Jenny Guillou, dont il fit le portrait, on peut contempler un petit chef-d’œuvre de suggestion sensuelle, à la fois délicat et tendre : une aquarelle, «  Le lit défait » (vers 1827).
    Le silence, la sérénité des lieux, la magistrale œuvre de Delacroix, » La Madeleine dans le désert », imposent un respect et procurent des sentiments partagés d’émerveillement et de nostalgie, en mesurant le luxe d’un tel lieu dans l’agitation de notre époque.
On frémit à la pensée que sans la Société des amis d’Eugène Delacroix, ce lieu magnifique serait devenu un…Garage !
    Un conseil : allez-y souvent, comme pour une cure de beauté bienfaitrice pour le corps et l’âme, Delacroix, sans nul doute, comme vous, en serez ravis…

    Pour les plus fans d’ente vous, le musée propose une carte détaillée de l’itinéraire de promenade préféré de Delacroix autour de son atelier. N’oubliez pas, bien sûr de passer admirer les dernières œuvres de Delacroix à St Sulpice.

Françoise de Céligny


Quelques dates :La société des amis d’Eugène Delacroix fut fondée en 1929. En 1971 le Musée devient national. La société des amis du musée national d’Eugène Delacroix prendra le relais de la société d’Eugène Delacroix, dissoute en 2000 suite au décès de son président et de son secrétaire général.



Informations pratiques :
Musée national Delacroix 6, rue Furstenberg 75006 Paris.
www.musée-delacroix@culture.fr  Tel : 01 44 41 86 50.
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h30 à 17h (fermeture des caisses à 16h30)
Tarif :5 euros- Gratuit pour les moins de 18 ans et pour tous, le 1re dimanche de chaque mois.
Accès gratuit avec le billet d’entrée du musée du Louvre.


   
Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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