Lundi 28 juillet 2008
Le sourire au bord des larmes…


    Ça piquote, là, juste là, ça monte, ça cherche à tout prix la sortie de secours !
Mince, la p’tite byciclette dans la tête, elle fait son bonhomme de chemin, à fond, des kilomètres ! En descente, ça roule encore tranquille, on regarde un peu le paysage, ça distrait un moment, mais les côtes !
    Saperlipopette, les côtes !
    Essoufflée, au bord de la syncope, mal au cœur !
Rien à faire ! C’est pas la pluie, c’est pas le soleil non plus, c’est fou tout ce que cela n’est pas ! Pourtant, il faut vite énumérer toutes les choses possibles, ou bien ça va déborder et, bien sûr, c’est pas le moment !
    C’est jamais le moment !
Vous avez demandé la permission ? Un peu de tenue, voyons ! On vous regarde…     Ah oui, tous ces gens, là, indifférents, oui, ils me voient.
M’en fous ! C’est pas moi qui décide, c’est cette vague à l’intérieure, cette tempête, que dis-je :un cyclone !
    Un tsunami sensible, que voulez-vous que j’y fasse ? Rien ! Rien ne peut retenir la force de l’eau, elle est plus puissante que tout, submerge, envahit, use, s’infiltre partout jusque dans les moindres interstices. Alors, comment faire pour lutter, hein ?!
    Rien.
Faut laisser faire, laisser couler, se rendre fluide, se soumettre à l’irréversible…
    D’ailleurs, il s’agit bien de cela. Ce flot, il vient bien de quelque part, non ?
Oui, bien sûr, évidemment, si l’on envisage les possibilités…
    Non ! C’est pas le moment vous dis-je !
    T’as vu la tête de la dame ! C’est la même que son chien, et son chien :
t’as vu sa gueule !
    Voilà, ça c’est bien !
Le sourire pointe le bout de son nez, qu’il a très joli d’ailleurs !
Fin, un peu en trompette, l’air insolent ! Et puis cette petite douceur de sucre qui se mélange aux larmes, c’est délicieux, ça rappelle l’enfance, un parfum de  barbe à papa, et aussi à maman, un sale goût de fin de dimanche, de cour de récréation, un chagrin par-dessus un éclat de rire, qui suit une tristesse, laisse percer un sourire entendu ou pas, chope une mélancolie au passage, réveille une douleur, qui…Stop !
    Pas par là !
Reviens, reviens…s’il te plait, reviens !
    Justement, t’es pas là…
    Je rame, je m’embrouille dans mes émotions acidulées, sucrées, salées, tout se mélange, et cela ne fait pas une recette. Il n’y en a pas. J’ai cherché. Si, si, je vous assure ! Ah, j’en ai lu des livres ! J’en ai écouté des versions !
    Une page sourire, une page en pleurs, une parole douce, une parole acerbe,     Ça recommence !
Pas de consolation, ni de consolateur, faut se débrouiller tout seul.
    « Un p'tit sourire, Madame, c’est déjà quelque chose… »
    Pas envie !
Ça ne se commande pas, ça va, ça vient, ça n’en fait qu’à sa tête !
C’est pas la pluie, c’est pas le soleil non plus…

    C’est….toi !
C’est l’existence…
C’est la même chose.
     


Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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Mercredi 23 juillet 2008
« Traces du Sacré »
Les preuves du désenchantement…


    Si cette exposition réunissant les différents mouvements et créations du XXe siècle ayant des liens avec la question fondamentale du Sacré, est bienvenue en ce qui concerne son initiative et sa présentation, son annonce aurait sans doute mérité le mot « empreintes » à la place du terme « traces » du sacré. Ce choix révèle en effet le trouble symptomatique de la pensée culturelle actuelle, en exprimant une frilosité chronique et prudente vis-à-vis d’un sujet qui demande un investissement de conviction minimum. Confirmant cette constatation, la diversité des œuvres exposées ne parvient pas à dissimuler une ambiguïté concernant le contenu et le sens donné au mot de sacré.
    Sous le prétexte de montrer les multiples facettes des recherches artistiques face à ce sujet délicat, de l’ensemble se dégage une sorte de « soupe » « philosophicoartistique », où l’on pourrait mélanger à peu près tout et n’importe quoi allant du sublime jusqu’à l’expression d’un vide abyssin. Ce qui provoque une confusion  à la fois sur le plan esthétique et sur la définition du mot « sacré ».
    Mais peut-être, est-ce là un choix délibéré des commissaires? Malheureusement cette orientation en « survol » provoque quelques erreurs d’associations dans la confrontation entre les créateurs et les mouvements, et ceci, afin de, selon le communiqué de presse : « …mettre en valeur la rémanence du rapport au sacré dans le questionnement artistique actuel. »
Mais, comment reconnaître cette mise en valeur dans une présentation qui relève du genre « bazar » érudit.  Le résultat n’est pas à la hauteur des promesses annoncées. C’est ainsi que Rudolf Steiner se retrouve associé à Gurdjieff, Picasso en compagnie de Caspar Friedrich, Joseph Beuys voisine Kupka et Bacon face à Fontana créant un amalgame déroutant.  Le prétexte cherchant à montrer le lien de « questionnement » entre tous ces créateurs ne dévoile en fin de compte qu’une réalité : celle d’une interrogation constante des créateurs, mais n’explique en rien leurs motivations et leurs spécificités fondamentales.
Revenons au titre de l’exposition « traces du sacré »
    Selon les termes d’A. Pacquement, directeur du musée national d’art Moderne et commissaire de l’exposition (avec Jean de Loisy et Angela Lampe, conservatrice au Musée national d’art moderne), dans un entretien avec le journal « Connaissance des Arts » :
«  L’état actuel des recherches est sans aucun doute propice à une relecture de l’art occidental du XXème siècle à l’aune du spirituel… »
Faudrait-il pour cela donner quelques clés indispensables à cette relecture.
    La suite de cet entretien nous renseigne sur le choix du terme « traces »
« Ce titre est extrait d’un poème de Friedrich Höderling :
«… Car il demeure et apporte lui-même la trace des dieux enfuis,  aux abandonnés de Dieu plongés dans les ténèbres. » Je suis très attaché (poursuit A. Pacquement),  à ce terme de trace, car il révèle la dimension fragile et fugitive du sacré chez les artistes du XXième siècle. Il ne s’agit pas, et j’insiste sur ce point, d’une exposition sur Dieu ou l’art sacré, même si ce sujet ne pouvait évidemment être éludé . »
    Il s’agit donc d’éviter à tout prix la moindre possibilité d’établir des liens avec des notions à consonance apparemment dangereuse comme celles de « religieux » et même de « sacré », malgré le titre l’exposition. Plus encore de confirmer : « …la fragile et fugitive trace du sacré… », même si par ailleurs A. Pacquement ajoute : « Des créateurs aussi différents que Nitsch ou Bill Viola, par exemple, considèrent que le sacré structure notre inconscient et que tout artiste en porte la trace. Le parcours suit l’évolution des croyances à travers une vingtaine de thèmes, du retrait de Dieu exprimé par les artistes romantiques à l’invention de « l’homme nouveau » chez les artistes d’avant-garde, de l’écroulement des utopies après la guerre de 1914 à cette quête de béatitude et de transformation intérieure que prône la Beat génération. » 
    Le titre annonce les traces du sacré, mais refuse de les définir, sinon par leur retrait ou le sentiment de désenchantement qu’ils évoquent, ce qui crée par ailleurs une confusion entre les termes « croyance », « religieux » et « sacré ».
    Cette optique laisse donc la porte ouverte à toutes les interprétations, à toutes les divagations, favorisant un flou métaphysique, qui en fin de compte et fort heureusement démontre encore mieux, par opposition, la puissance de la dimension du sacré dans l’art. Certains voisinages d’œuvres révélant en effet d’autant mieux la puissance de la présence du sacré dans l’intention de certains artistes. L’on ressent, grâce et par cette confrontation parfois détonante et avec d’autant plus de lucidité, celles qui sont animées de cette spiritualité libre et profonde et celles qui cherchent dans ce prétexte d’inspiration, un esthétisme narcissique ou intellectuel, sombrant dans la tentation du néant. Cet effet de miroir, même accidentel, manifeste d’autant plus la force de transcendance d’une émotion spirituelle authentique.
    Saluons donc cette initiative, car elle témoigne de la présence incontestable au cœur des inspirations des artistes de tous mouvements, d’une lutte constante contre la tentation du néant. Visiblement, une émotion spirituelle a, de tout temps cherché à éclore, à naître et à s’exprimer en permanence par le véhicule sensible et irrationnel de l’art, même si elle a parfois suivi des chemins troubles et stériles,  avec la constatation flagrante d’une perte de la relation au sacré augmentant de manière spectaculaire  plus on se rapproche de la fin du XXème siècle.  
 Jean Bazaine, historien de l’art, résume dans son livre : « Le temps de la peinture », la position de l’homme moderne face à la création artistique :
« Nous sommes devenus plus impressionnables que sensibles : nerveux, vulnérables, au moindre choc, mais pas assez perdus dans l’énorme présence des choses. Nous n’aimons pas nous mouiller et ceux qui s’y risquent savent trop bien nager : la peinture a besoin d’hommes qui se noient. Que le peintre oublie parfois cet oeil de spécialisé et son déclic, cet œil trop lucide, trop intellectualisé, piège à arbres et à visages, pour se souvenir qu’il voit aussi, et plus loin, avec tout son corps. Qu’il retrouve dans le formulé, le mystère et la puissance d’envoûtement de l’informulé. »

    Des toiles inspirées de Caspar Friedrich à la voyance de Goya et de Hugo, de la tentative  désespérée et si humaine de Bacon en passant par la lucidité d’Odilon Redon, par l’humour insolent de Man Ray et par les divagations de Robert Filliou et les concepts alambiqués de Malévitch, cette exposition veut nous convier à une aventure intérieure passionnante. Cependant avec ses défauts et ses contradictions, si elle permet à certains de recentrer leur réflexion face au sacré, à d’autres elle fait obstacle à ce cheminement par une approche à la fois ambitieuse sur le plan du discours et parfois approximative dans ses affirmations.
    Est-ce le propos d’une exposition de créer un tel malaise ?

Du 7 mai au 11 août 2008.
Centre Georges-Pompidou,
75004 Paris.
Galerie 1, niveau 6
www.centrepompidou.fr
Tel : 01 44 78 12 33
Métro : Hôtel de Ville, Rambuteau.

Exposition ouverte tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 22h,
Nocturnes le jeudi jusqu’à 23h.
Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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Vendredi 25 avril 2008
 Dans la belle salle des sculptures romaines, là où trône en haut de l'escalier la Victoire de Samothrace,
la bête est lâchée!
Hélas, trois fois hélas, cela aurait pu être comique, voire provocateur, et...
cela n'a été que pathétique!
Piqué par une mouche ayant sniffée quelque substance illicites, Jan Fabre court de droite à gauche de la galerie abritant les statues et sarcophages de la collection Borghèse suivi par un staff caméra-son-photo aux yeux exorbités tant ils savent que l'instant est crucial: faut pas rater un centimètre de pellicule devant ce fou lâché en liberté, ça va valoir cher! L'espace vibre de stupeur à chaque assaut à la fois verbal et gestuel de ce personnage piétinant comme un malotru l'héritage artistique français.
Hurlant, gesticulant, déblatérant dans un anglais incompréhensible des grognements hystériques et confus, à un certain "Jeannot" dont on ne sait rien, et interpellant  par moment le résident de la République,...bref, on est soudain projeté dans une folie, qui finalement n'est pas si douce, voire contaminante à regarder la mine réjouie de certains spectateurs persuadés d'assister au spectacle le plus "in" du moment, d'en faire "partie".
Quand on lit le communiqué de presse, ça à l'air très alléchant pourtant!:
"Fabre pour l'occasion prête une performance dans laquelle il se déguise en d'innombrables personnages de la pègre, métaphore de la métamorphose et de l'évasion, métamorphose de l'identité qui est toujours la même et toujours différente et le réalise dans cette salle qui accueille la Nike de Samotracia" Giacinto di Pietrantonio.
Jan Fabre est présenté comme un plasticien:"...guidant une méditation nocturne où l'artiste s'identifie à une nouvelle figure: celle d'un "gangster" face au musée et à son autorité".
Mais avec son accord, bien sûr!
Pourquoi les mots sont-ils, en ce qui concerne  un certain art contemporain totalement en désaccord avec ce qui est réellement présenté!
Devant un public médusé, inerte, mou, gobant sans réagir la pantomime incohérente qui passe et repasse devant eux, Le "performer" nous livre le spectacle désolant d'une escroquerie issue des années 70,totalement dépassée, moribonde datant de la préhistoire de l'art "moderne".
Le communiqué de presse souligne que le parcours par Jan Fabre dans les collections du musée :"...peut être perçu comme une "dramaturgie mentale" mettant en scène les figures majeures de son oeuvre et celles des maîtres anciens."
Nous y voilà,!
Il y a drame en effet, mais pas celui que l'on essaye de nous vendre comme une soupe nauséabonde assaisonnée de délires verbeux pour mieux nous la faire avaler.
Le drame c'est la ferveur intellectuelle de toute la politique
"esthético-philosophico-soixante-huitarde-attardée"  culturelle du Louvre qui encourage à marteler encore et encore ces inepties lamentables.
Ils osent dire que: "la cohérence du dialogue instauré entre Jan Fabre et les maîtres anciens, dont il se sent l'héritier, donnent aux oeuvres du Louvre une force et un mystère chargés de nouvelles significations"
Comme c'est beau! Bravo au rédacteur, espérons qu'il est bien payé pour dire de telles c...
 Les fameux anciens, Jérôme Bosch, Rubens ou Van Dyck n'ont pas eux pu dire leur manière de penser à cet individu  déambulant devant leurs chef-d'oeuvres!
Ah, s'ils avaient pu répondre!
Eux , les magnifiques porteurs du véritable mystère de l'art!
La performance s'achève dans un lâcher de vrais billets de 10 euros que les gens s'empressent évidement de ramasser frénétiquement, comme si leur vie en dépendait et, qui seront ensuite dédicacés par le "Maître"!!
On atteint des sommets!
J'ai mal au coeur, j'ai mal à l'art, celui du sens et de l'émotion, celui qui orne les merveilleuses salles du majestueux musée du Louvre, qui se soir-là s'est prostitué, s'est roulé dans un bain de médiocrité animé de malsains désirs de faire de l'audience (qui n'était d'ailleurs pas là ! Au mieux une soixante dizaines de péquins par séance, malgré la couverture médiatique impressionnante), dans l'idée douteuse de créer des liens entre l'art "contemporain" et l'ancien.
 Voilà où mène la démarche mercantile...

Françoise de Céligny



Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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Vendredi 11 avril 2008

GENIE ? Ou…GENIE !

Louise Bourgeois

    En d’autres temps, un véritable génie créatif a été enfermé pour cause de folie : Camille Claudel, sculpteur, a été internée, pendant trente ans, sous l’ordre de sa propre mère, abandonnée par son amant, Auguste Rodin et par son frère Paul Claudel dont l’image auréolée de sainteté, reste celle d’un fervent catholique, respectueux de la morale chrétienne pour la postérité …
    Aujourd’hui Louise Bourgeois est propulsée en « star » de l’art contemporain dans le Temple reconnu de la vie artistique française, le centre Pompidou, elle qui toute sa vie a considéré son activité artistique comme une psychanalyse et a souvent montré des symptômes de réels troubles nerveux…
    On peut donc se poser cette question essentielle :  Où va le sens de l’art dans notre société, si la névrose est considérée comme un signe de génie créatif ? N’est-ce pas alarmant pour la santé de notre état dit « culturel », de mettre au pinacle une œuvre basée sur un art-thérapie, qui, s’il se révèle efficace dans des cas de maladies nerveuses et permet de soigner les âmes, ne devrait pourtant pas être considéré comme faisant partie du domaine de l’art ?
    Témoigner des désordres du monde et de ses dérives peut sans doute être le rôle d’un artiste, mais est-ce obligatoire qu’il en soit la première victime ? Si Soutine, par exemple, témoignait d’un mal de vivre personnel, il atteignait l’universel, en sublimant la réalité par sa vision artistique de la vie et « La Mélancolie » de Dürer formulait la question éternelle de l’homme face à sa condition, thème par essence commun à tous, dans une intention d’élévation spirituelle. Louise Bourgeois, par contre, raconte un parcours individuel tournant et retournant ses états d’âme dans la prison étroite d’une conception nombriliste de sa propre existence, sans espoir de révélation et dans un constat nihiliste. Peut-on considérer les divagations d’un être, les plus sincères soient-elles, comme une œuvre ?
    Le travail de Madame Louise Bourgeois est en soi louable et parfois touchant et comme le souligne le communiqué de presse : « Obéit à une logique subjective basée sur l’émotion, la mémoire et la réactivité des souvenirs d’enfance. »
    Mais, encore une fois est-ce à l’artiste d’exposer ses tripes et ses angoisses d’une manière aussi crues, sans passer par le travail de la sublimation du réel, qui est somme toute le cœur du statut d’artiste ?     
    De quelle nature est ce monde artistique contemporain qui tend à exalter la moindre blessure affective, le plus infime sentiment individuel, pousse à glorifier tous les détails d’une errance psychologique, décortiquant l’intimité jusqu’à l’impudeur ?
    Comme le souligne Jean Clair dans son dernier livre « Malaise dans les musées » : «  N’a-t-on pas investi l’artiste contemporain d’un privilège ? Dans une société anomique et égalitaire, où il s’agit de nier toutes les différences mettant en danger l’unité humaine, de consacrer toutes les cultures, de rappeler le primat de l’identique, l’artiste apparaît plus que jamais et contradictoirement comme un être à part, un inspiré, un créateur, jouissant d’une impunité à peu près totale, respecté, envié, adoré, le produit sans doute d’une mutation génétique de l’espèce, faisant jaillir de lui des « chefs-d’œuvre » comme le pommier ses pommes, sans qu’il lui ait été nécessaire d’apprendre à les fabriquer . »
    Louise Bourgeois est une digne fille spirituelle de Freud, égarée dans les méandres de ses confusions, ressassant le récit de ces divagations intimes avec le désir d’en exposer chaque morceau, pièce par pièce, afin de s’en débarrasser dans notre regard. Si pour elle, ce travail méticuleux lui a servi à vivre mieux, en est-il de même au sujet de notre contemplation ? Est-ce un but de l’art de nous plonger au centre d’une névrose si narcissique ?
    Son « Regard » (1966), œuvre ambiguë, hybride d’oeil et de vagin », et « Destruction du père » (1974), cave rouge tapissée de seins et de phallus autour d’un festin cannibale », comme nous les décrit le communiqué de presse, sont certes des témoignages des tensions d’une enfance blessée, mais encore une fois, peuvent-ils  être placés au rang d’un art qui devrait nous élever au-delà des nôtres, nous illuminer, nous éveiller, au lieu de ressasser nos troubles ? Cette psychanalyse à ciel ouvert, étalée sans aucune retenue devant nous, mise au pinacle, applaudie par les officiels, n’est-elle pas un signe de malaise général au sein de  notre société qui se dit « évoluée » ?

Allez voir, regardez, osez vous faire votre propre idée en résistant au matraquage médiatique qui vous dit trop souvent comment penser et vous désigne le « génie » où il n’est peut-être pas, en fin de compte ?

Françoise de Céligny

Du 5 mars au 2 juin 2008
Louise Bourgeois au Centre Pompidou
Galerie 2
Galerie d’art graphique
Ouvert de 11h à 21h
Nocturne le jeudi jusqu’à 23h

Jean Clair
Malaise dans les musées
Café Voltaire
Flammarion
     
   



Par françoise de celigny
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Lundi 17 mars 2008
On est tous des artistes !!

    Si le « commandant Bousteau » (comme l’appelle notre Carla van Rohe nationale), n’existait pas , il faudrait l’inventer !
En effet, grâce à lui et à la lecture de son édito du N° de mars  de Beaux-Arts magazine, nous savons que : «  la vie est une histoire de formes . »
Qu’en achetant : un « Digital Photo Display », en clair, un cadre photo numérique, nous pouvons : « faire de notre vie une œuvre d’art. »
    Mince !! Quelle nouvelle !
    Parce que, avant, nous n’avions aucune chance ! Nous étions condamnés à n’êtres que des spectateurs, de pauvres non-créatifs désolés et insatisfaits.
    Bref, cet outil est pour lui « magique », car, «  si vous n’êtes pas trop mauvais », précise t-il, « grâce à quelques photos de vacances mélangées à celles de votre cuisine, de votre femme ou de votre amant à poil ou de votre meilleur ami dans un état pas possible »,(quelle belle langue !), «  vous allez pouvoir faire un diaporama de votre vie qui donnera envie de la vivre. »
    Comme exemple réussit de cet exercice il cite : «  the Ballad of Sexual Dependency », qui fut pour lui dans les années1980, « un choc », sorte de diaporama en musique de 800 photos de la vie quotidienne de la chanteuse américaine Nan Goldin (que tout élite digne de ce nom connaît bien sûr, pas vous ?), « … montrant la vie d’un milieu assez marginalisé , avec des images de fêtes, des drogués, des violences, des bonheurs, des sexes et des angoisses. »
    Une vie comme la vôtre, merde, quoi ! Ah non, pas comme la vôtre, Alors justement, vous en avez de la chance, avec ce cadre photo numérique, vous allez enfin pouvoir réaliser le montage de vos rêves !
    Et comme souligne notre commandant sauveur : « Vous serez vos propres « peoples . » !!
            Alors là, vraiment, c’est inespéré !!
            On n’attendait que ça !!
F.Bousteau précise encore : « Pour faire simple, des œuvres d’art contemporain des vingt dernières années ont montré que notre vie est aussi intéressante que celle de
 (et là, vraiment on est soufflé de la nouvelle !),
Nicolas Sarkosy. »
       NON ?!!
            C’est possible !!
Un magazine d’art, qui nous propose de réinventer notre vie, afin qu’elle soit aussi passionnante que notre président de la république et qui nous donne le moyen et les conseils afin d’accéder à cette fabuleuse créativité, vraiment, on en reste sans voix !!
Merci, vraiment merci, cher commandant Bousteau, sans vous la vie serait définitivement moins intéressante !!!

À bientôt,  pour la suite des autres conseils précieux du commandant Bousteau !

Françoise de Céligny


Par françoise de celigny
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