Vendredi 25 avril 2008
 Dans la belle salle des sculptures romaines, là où trône en haut de l'escalier la Victoire de Samothrace,
la bête est lâchée!
Hélas, trois fois hélas, cela aurait pu être comique, voire provocateur, et...
cela n'a été que pathétique!
Piqué par une mouche ayant sniffée quelque substance illicites, Jan Fabre court de droite à gauche de la galerie abritant les statues et sarcophages de la collection Borghèse suivi par un staff caméra-son-photo aux yeux exorbités tant ils savent que l'instant est crucial: faut pas rater un centimètre de pellicule devant ce fou lâché en liberté, ça va valoir cher! L'espace vibre de stupeur à chaque assaut à la fois verbal et gestuel de ce personnage piétinant comme un malotru l'héritage artistique français.
Hurlant, gesticulant, déblatérant dans un anglais incompréhensible des grognements hystériques et confus, à un certain "Jeannot" dont on ne sait rien, et interpellant  par moment le résident de la République,...bref, on est soudain projeté dans une folie, qui finalement n'est pas si douce, voire contaminante à regarder la mine réjouie de certains spectateurs persuadés d'assister au spectacle le plus "in" du moment, d'en faire "partie".
Quand on lit le communiqué de presse, ça à l'air très alléchant pourtant!:
"Fabre pour l'occasion prête une performance dans laquelle il se déguise en d'innombrables personnages de la pègre, métaphore de la métamorphose et de l'évasion, métamorphose de l'identité qui est toujours la même et toujours différente et le réalise dans cette salle qui accueille la Nike de Samotracia" Giacinto di Pietrantonio.
Jan Fabre est présenté comme un plasticien:"...guidant une méditation nocturne où l'artiste s'identifie à une nouvelle figure: celle d'un "gangster" face au musée et à son autorité".
Mais avec son accord, bien sûr!
Pourquoi les mots sont-ils, en ce qui concerne  un certain art contemporain totalement en désaccord avec ce qui est réellement présenté!
Devant un public médusé, inerte, mou, gobant sans réagir la pantomime incohérente qui passe et repasse devant eux, Le "performer" nous livre le spectacle désolant d'une escroquerie issue des années 70,totalement dépassée, moribonde datant de la préhistoire de l'art "moderne".
Le communiqué de presse souligne que le parcours par Jan Fabre dans les collections du musée :"...peut être perçu comme une "dramaturgie mentale" mettant en scène les figures majeures de son oeuvre et celles des maîtres anciens."
Nous y voilà,!
Il y a drame en effet, mais pas celui que l'on essaye de nous vendre comme une soupe nauséabonde assaisonnée de délires verbeux pour mieux nous la faire avaler.
Le drame c'est la ferveur intellectuelle de toute la politique
"esthético-philosophico-soixante-huitarde-attardée"  culturelle du Louvre qui encourage à marteler encore et encore ces inepties lamentables.
Ils osent dire que: "la cohérence du dialogue instauré entre Jan Fabre et les maîtres anciens, dont il se sent l'héritier, donnent aux oeuvres du Louvre une force et un mystère chargés de nouvelles significations"
Comme c'est beau! Bravo au rédacteur, espérons qu'il est bien payé pour dire de telles c...
 Les fameux anciens, Jérôme Bosch, Rubens ou Van Dyck n'ont pas eux pu dire leur manière de penser à cet individu  déambulant devant leurs chef-d'oeuvres!
Ah, s'ils avaient pu répondre!
Eux , les magnifiques porteurs du véritable mystère de l'art!
La performance s'achève dans un lâcher de vrais billets de 10 euros que les gens s'empressent évidement de ramasser frénétiquement, comme si leur vie en dépendait et, qui seront ensuite dédicacés par le "Maître"!!
On atteint des sommets!
J'ai mal au coeur, j'ai mal à l'art, celui du sens et de l'émotion, celui qui orne les merveilleuses salles du majestueux musée du Louvre, qui se soir-là s'est prostitué, s'est roulé dans un bain de médiocrité animé de malsains désirs de faire de l'audience (qui n'était d'ailleurs pas là ! Au mieux une soixante dizaines de péquins par séance, malgré la couverture médiatique impressionnante), dans l'idée douteuse de créer des liens entre l'art "contemporain" et l'ancien.
 Voilà où mène la démarche mercantile...

Françoise de Céligny



Par françoise de celigny - Publié dans : maviedecriture
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