Mercredi 21 janvier 2009
PICASSO « MAITRE » DES MAITRES ?

C’est un événement !
Picasso s’est inspiré !
Les médias se déchaînent, ils ont matière à sensation :
«Il ne copiait pas, il rendait hommage… », « Il n’imitait pas, il interprétait… »,
«  Il testait différentes écritures picturales… »
Mais le « Maître » disait aussi :
« Je ne copie pas, je pille ! »

Devant les toiles de Picasso exposées en compagnie des ses inspirateurs on ne fait que s’extasier, admirer la manière dont il a su instaurer avec une autorité sans remords son identité au sein même des Å“uvres des peintres qu’il dit «  admirer ».
On parle alors de « relecture », de « variations ». Picasso devient l’artiste qui exprime son respect vis-à-vis des peintres du passé, celui qui établit un dialogue avec les anciens. Pourtant, si l’on se penche un peu plus sur cette fameuse exploration picturale, fort est de constater qu’il se conduit comme un coucou qui place ses Å“ufs dans le nid de ses confrères. S’il s’agissait de littérature, si un auteur « s’inspirait » à ce point d’un Victor Hugo ou d’un Balzac, ne crierait-on pas au plagiat ? 

Delacroix, Manet, Vélasquez ont les honneurs de l’investigation du peintre qui a soif de sang neuf, désirant, sous le couvert d’une attitude de disciple, provoquer, choquer, afin de ne pas rester un peintre de l’ombre, cherchant ainsi le chemin de la gloire par le scandale, avec toute la machiavélique lucidité dont il est capable. Que penseraient donc ces artistes de cet hommage ? Comment recevraient-ils cette version pour le moins particulière de leurs œuvres ?
Picasso se prononce :
«  Je me demande ce que Delacroix dirait s’il voyait ces tableaux ? Je lui dirais : « Vous, vous pensez Rubens et vous faisiez Delacroix. Ainsi en pensant à vous, je fais autre chose ».
Autre chose ! Tout est là ! Oui mais quoi ?
On s ‘ébahie de l’audace, on applaudit la capacité de Picasso à revisiter à maintes reprises le personnage de l’infante dans le tableau de Vélasquez «  les Ménines » ou à démonter les cohérences et les harmonies des femmes d’Alger » de Delacroix, avec une assurance qui frise l’irrespect à chaque coup de pinceau ne faisant en fait que dénaturer le travail subtil de ces maîtres. Et ceci, dans quel but ? Pour le peintre animé du désir de comprendre les intentions de ses pères, une contemplation attentive n’aurait-elle pas suffit ? Où se situe la frontière entre inspiration et destruction? Et, s’il parvient à ses fins, c’est parce qu’il a matière à s’inspirer. En serait-il de même en ce qui concerne ses propres oeuvres ?
 Finalement, l’acharnement de Picasso à détourner un héritage sublime semble bien plus relever du devoir d’école que de l’œuvre d’un « génie », comme l’ensemble de l’intelligentsia contemporaine semble le reconnaître. Cette volonté de marquer de son empreinte l’œuvre d’autrui en prétextant une rupture nécessaire avec un classicisme dépassé n’affirme en fait que sa volonté de détruire, comme s’il niait ce que lui-même n’a pas su atteindre. Il tend, certes vers un art « révolutionnaire », mais Manet, en son temps, a fait bien plus pour l’avancé de l’art moderne avec son « Déjeuner sur l’herbe » sans jamais perdre la dignité du métier de peintre.
En réinterprétant sans délicatesse l’œuvre de ses aînés, Picasso se réapproprie l’histoire de l’art. Il cherche à prendre une revanche sur la peinture, comme s’il trouvait dans cette forme de cannibalisme esthétique une occasion unique de la vulgariser.



Jusqu’au 2 février 2009
Picasso et les Maîtres
Galerie du grand Palais
Tous les jours sauf mardi.

 
Par françoise de celigny
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Commentaires

Bien d'accord.

Cette "exposition" n'a de valeur que par les toiles des "maîtres", dont certaines qu'on a pas souvent l'occasion de voir (Zurbaran, par exemple).
Quelques toiles de Picasso, aussi.

Mais le délire verbal auquel a donné lieu cette soit-disante confrontation est d'un ridicule précieux !

Commentaire n°1 posté par Candide le 22/01/2009 à 10h02
Allons, allons, ne nous fâchons pas !

Et alors ! hein ?
Picasso pique assiette .... mais dans ce cas, si nous partageons le même point de vue, pourquoi s'en offusquer, faire un article sur lui, un de plus, comme toutes celles et tous ceux qui espèrent nourrir leur propre image au son des olés de l'arène ?

Picasso est comme tous les autres, un homme qui a cherché, parfois trouvé et souvent s'est fourvoyé.
Ce qui en a fait une icône, ce n'est pas son talent ... s'il en a ... mais ce sont tous ces accrocheurs de basques qui se sont laissés traîner dans le sillage de l'imposteur promu au rang de génie par ses amis du PC dans l'espoir d'en tirer quelque bénéfice commun.

Et ça continue ....

Un article de plus !

Mais, ma brave dame, pourquoi perdre votre temps ?
Parlez plutôt de moi, cela vous déridera peut-être le sphincter ?

retrouvons-nous, aussi, ici :
https://www.blogger.com/comment.g?blogID=7376961339089650980&postID=2087010142323420198
Commentaire n°2 posté par Yfig le 03/02/2009 à 11h48
Picasso fut avec ses proches (femmes, enfants) comme avec les maitres anciens: un ogre
Commentaire n°3 posté par boissoudy le 07/04/2009 à 13h42

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