Dimanche 1 février 2009
Le travail de journaliste et de critique d'art, s'il est passionnant, révèle parfois des surprises.
Cherchant à épanouir mon champ d'écriture, j'ai répondu à un mail du journal  PerformArts qui en ce moment connaît quelques difficultés financières (comme tant d'autres!) et publie en ligne en cherchant des collaborateurs bénévoles pour écrire sur l'actualité de l'art contemporain en attendant des jours meilleurs. Touchée par cette ténacité, j'ai donc envoyé ma candidature à cette démarche journalistique qui m'a semblé intéressante.
J'ai proposé ma participation pour des articles de fond sur des artistes contemporains divers, sur des visites d'ateliers, des comptes-rendus d'expositions ou des entretiens avec des personnalités du monde de la culture en générale.
Une approche personnelle donc que je désire avant tout diversifiée afin de témoigner de tout ce qui constitue la création actuelle.
Ces messieurs et dames de la rédaction de PerformArts sont donc allés consulter mes écrits ce qui est tout à fait logique et louable.
Ce qui par contre l'est beaucoup moins c'est la réponse que j'ai reçu suite à la visite de mon blog:

"J'ai feuilleté l'Univers des Arts que je ne connaissais pas.
Je lis avec effroi dans "Sur ma vie d'écriture" un article sur "Picasso et les maîtres" que Picasso n'est rien qu'un copieur
et sur Louise Bourgeois que c'est une malade...
Attention, notre ligne éditoriale me semble bien loin de cet univers là !
Nous nous situons résolument dans une perspective contemporaine, (plutôt du coté d'Art Press...)"

Christian Depardieu


Je me permets donc de répondre à monsieur Christian Depardieu en toute lisibilité, afin de continuer à défendre une certaine idée de l'art et de la pratique de mon métier.

Cher Monsieur,

Nous avons aujourd'hui la possibilité d'affirmer nos idées dans beaucoup de domaines grâce à la liberté d'expression et je suis surprise que vous soyez aussi radical, tout d'abord dans votre manière de lire, car je n'ai pas affirmé les sentences que vous me prêtez sans un minimum de réflexion et d'analyse, et d'autre part, j'espérais que tout en gardant une "ligne éditoriale", qu'un autre son de cloche sur l'icône Picasso pouvait vous apparaître se révéler salutaire.
Par ailleurs je ne vois pas pourquoi vous vous réservez l'exclusivité de vous situer dans "une perspective résolument contemporaine". Je suis de mon temps, passionnée par ce qui se passe dans le monde de l'art actuel et me considère, ainsi que les artistes dont je parle, aussi résolument contemporaine que vous.
Cette distinction dont vous vous faites le porte parole, entre un art qui serait "contemporain" et un autre qui ne le serait pas, me semble assez suspect ainsi que le fait d' occulter tout un pan de la créativité justement elle aussi contemporaine.


De mon coté , je respecte tout à fait vos opinions, même si elles divergent des miennes, et ne peux évidement  dans ce climat d'hostilité intellectuelle collaborer à votre aventure. Je constate à mon tour avec un certain effroi que les opinions sur l'art ne peuvent parfois malheureusement pas se confronter dans un climat de critique et d'enthousiasme constructif.

Bien à vous

  Françoise de Céligny
Par françoise de celigny
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Commentaires

Chère Françoise, voici une petite perle à conserver et à relayer de toute urgence. Après on lit, ici et là, que les journalistes sont libres, et on parle toujours de liberté d'expression...Je pouffe. 
Ce C. Depardieu en à une belle paire...pardonnez moi l'expression. Non seulement, il n'imagine même pas remettre en question la position ultra dominante de grands peintres...j'aime Picasso avant 1939. Après...serais-je tondue après la guerre pour ces mots ? Oui, probablement. Matisse est une drôle de confiture bonne maman, le pot est alléchant, mais ce n'est que de la flotte et du sucre... Là je serai fusillée...Ensuite il n'imagine même pas qu'un autre avis, tout simplement un autre avis que l'idée générale puisse être émis...Pourquoi pas ? Est-ce une obligation d'aimer forcément artpress, les expos du Grand-Palais, et de Beaubourg ? Il faut croire que oui. Sinon...Alors allons y, pour travailler et pour manger...donnons du sucre et du miel à bouffer à tout le monde...La grande classe Monsieur Depardieu.
 
Commentaire n°1 posté par charlotte.waligora@orange.fr le 01/02/2009 à 15h26
Je suis allée, chère Françoise de Céligny, lire votre article sur Louise Bourgeois.  Je cite un extrait : 
" Son « Regard » (1966), œuvre ambiguë, hybride d’oeil et de vagin », et « Destruction du père » (1974), cave rouge tapissée de seins et de phallus autour d’un festin cannibale », comme nous les décrit le communiqué de presse, sont certes des témoignages des tensions d’une enfance blessée, mais encore une fois, peuvent-ils  être placés au rang d’un art qui devrait nous élever au-delà des nôtres, nous illuminer, nous éveiller, au lieu de ressasser nos troubles ?" je n'ai pas vu le mot malade mais une interrogation serrée. Serait-ce interdit?
Mais non! Ce n'est plus interdit car dans le dossier de presse de "La Force de l'Art 02", Olivier Kaeppelin avoue quelque ennui à penser pareil  et se présente comme un " fervent partisan du débat, de la diversité" , oui "fervent"est l'adjectif! Précipitez -vous sur ce dossier de presse. Quelle bonne nouvelle! Alors, la revue Artpress si contemporaine va virer de bord pour rester dans le coup?   et C.Depardieu aussi puisqu'il est plutôt de ce côté?  J'en conclus, si vous le permettez, que C. Depardieu a seulement un léger retard à rattraper (embêtant mais pas grave quand on se dit "contemporain") . J'en conclus que c'est vous, Françoise, qui avez pris une longueur d'avance sur "les contemporains"! Bravo!
Par ailleurs, un peu plus loin dans cette video de "la Force de l'Art 02", il s'agit aussi de "retour à l'oeuvre, la force de l'oeuvre, la force de l'art" etc...
Que se passe-t-il donc? On marche sur la tête! La démarche au placard?  Le pauvre Lavier, la pauvre Annette, la pauvrette Orlan  et tous les adeptes du concept qui doivent s'effacer? Vérifions dans la liste .Ouf ! j'ai eu peur pour eux!  toujours en place. C'est bien de ne pas lâcher les anciens.
Mais, entre nous, qu'est-ce qu'ils sont forts en com, et en contorsions, hein, au ministère? Toujours jeunes! Toujours à la page.... chapeau au coach.
Donc à ne pas manquer tout cela et à suivre, surtout lorsqu'on se souvient du ridicule de l'Etat au temps des impressionnistes .
 
Commentaire n°2 posté par Marie Sallantin le 01/02/2009 à 19h14

Je suis allé voir, par curiosité, le site de M. Perfomart.

Mamma mia ! Que c'est convenu !
J’y ai vu, "avec effroi", toujours, et encore toujours les mêmes choses abstruses, abstraites, absconses... Il y a 20 ans, 30 ans, cela faisait déjà rire les collégiens.
Hé oui, les mêmes collégiens se prennent au sérieux, maintenant. Ils sont tellement "responsables", à présent !

 

« …Et c'est en sortant vers minuit Monsieur le Commissaire

Que tous les soirs de chez la Montalant

De jeunes "peigne-culs" nous montrent leur derrière
En nous chantant...
»

Commentaire n°3 posté par Masccareigne le 02/02/2009 à 12h23
Un truc si tellement ringard, et pourtant tellement d'actualité !

http://www.dailymotion.com/video/x1138t_jacques-brel-les-bourgeois-1964_music
Commentaire n°4 posté par mascareigne le 02/02/2009 à 13h45
Un truc si tellement ringardos, et pourtant tellement d'actualité !

Les Bourgeois
Commentaire n°5 posté par Mascareigne le 02/02/2009 à 13h49

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