Le travail de journaliste et de critique d'art, s'il est passionnant, révèle parfois des surprises.
Cherchant à épanouir mon champ d'écriture, j'ai répondu à un mail du journal PerformArts qui en ce moment connaît quelques difficultés financières (comme tant d'autres!) et publie en ligne en
cherchant des collaborateurs bénévoles pour écrire sur l'actualité de l'art contemporain en attendant des jours meilleurs. Touchée par cette ténacité, j'ai donc envoyé ma candidature à cette
démarche journalistique qui m'a semblé intéressante.
J'ai proposé ma participation pour des articles de fond sur des artistes contemporains divers, sur des visites d'ateliers, des comptes-rendus d'expositions ou des entretiens avec des personnalités
du monde de la culture en générale.
Une approche personnelle donc que je désire avant tout diversifiée afin de témoigner de tout ce qui constitue la création actuelle.
Ces messieurs et dames de la rédaction de PerformArts sont donc allés consulter mes écrits ce qui est tout à fait logique et louable.
Ce qui par contre l'est beaucoup moins c'est la réponse que j'ai reçu suite à la visite de mon blog:
"J'ai feuilleté l'Univers des Arts que je ne connaissais pas.
Je lis avec effroi dans "Sur ma vie d'écriture" un article sur "Picasso et les maîtres" que Picasso n'est rien qu'un copieur
et sur Louise Bourgeois que c'est une malade...
Attention, notre ligne éditoriale me semble bien loin de cet univers là !
Nous nous situons résolument dans une perspective contemporaine, (plutôt du coté d'Art Press...)"
Christian Depardieu
Je me permets donc de répondre à monsieur Christian Depardieu en toute lisibilité, afin de continuer à défendre une certaine idée de l'art et de la pratique de mon métier.
Cher Monsieur,
Nous avons aujourd'hui la possibilité d'affirmer nos idées dans beaucoup de domaines grâce à la liberté d'expression et je suis surprise que vous soyez aussi radical, tout d'abord dans votre
manière de lire, car je n'ai pas affirmé les sentences que vous me prêtez sans un minimum de réflexion et d'analyse, et d'autre part, j'espérais que tout en gardant une "ligne éditoriale", qu'un
autre son de cloche sur l'icône Picasso pouvait vous apparaître se révéler salutaire.
Par ailleurs je ne vois pas pourquoi vous vous réservez l'exclusivité de vous situer dans "une perspective résolument contemporaine". Je suis de mon temps, passionnée par ce qui se passe dans le
monde de l'art actuel et me considère, ainsi que les artistes dont je parle, aussi résolument contemporaine que vous.
Cette distinction dont vous vous faites le porte parole, entre un art qui serait "contemporain" et un autre qui ne le serait pas, me semble assez suspect ainsi que le fait d' occulter tout un pan
de la créativité justement elle aussi contemporaine.
De mon coté , je respecte tout à fait vos opinions, même si elles divergent des miennes, et ne peux évidement dans ce climat d'hostilité intellectuelle collaborer à votre aventure. Je
constate à mon tour avec un certain effroi que les opinions sur l'art ne peuvent parfois malheureusement pas se confronter dans un climat de critique et d'enthousiasme constructif.